Livrets et comptes d’épargne en France : comment bien choisir
Livrets réglementés, livrets bancaires, comptes à terme, épargne logement : ce qui les distingue et comment choisir selon la disponibilité, le taux net et la protection.
En France, l’offre d’épargne sans risque est large : livrets réglementés, livrets proposés par chaque banque, comptes à terme, épargne logement. Les noms se ressemblent, mais les règles de disponibilité, de fiscalité et de rémunération diffèrent nettement.
Cet article présente les principaux types de comptes d’épargne accessibles aux particuliers, les critères pour les comparer et une méthode pas à pas pour choisir. Il ne cite aucun taux, car ils évoluent régulièrement.
En 30 secondes
- Les livrets réglementés ont des règles fixées par l’État et des intérêts exonérés d’impôt.
- Les livrets bancaires ont des règles propres à chaque banque et des intérêts imposables.
- Comparez le taux net, pas le taux affiché, et vérifiez la durée d’un éventuel taux promotionnel.
- Un compte à terme rapporte un taux connu d’avance, en échange d’un blocage des fonds.
- Si le taux net est inférieur à l’inflation, le pouvoir d’achat de l’épargne baisse.
Les livrets réglementés
Les livrets réglementés sont encadrés par l’État. Leur taux, leur plafond et leurs conditions d’ouverture sont les mêmes dans toutes les banques. Leurs intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. On ne peut en détenir qu’un de chaque type par personne.
- Livret A : ouvert à tous, y compris aux enfants. Les fonds sont disponibles à tout moment.
- LDDS (livret de développement durable et solidaire) : réservé aux adultes domiciliés fiscalement en France. Même taux et même disponibilité que le Livret A, avec son propre plafond.
- LEP (livret d’épargne populaire) : réservé aux foyers dont les revenus restent sous un seuil. Son taux est en général plus élevé que celui du Livret A. La banque vérifie l’éligibilité, souvent automatiquement avec l’administration fiscale.
- Livret jeune : réservé aux jeunes d’une certaine tranche d’âge. Son taux est au moins égal à celui du Livret A, et certaines banques le rémunèrent davantage.
Le taux du Livret A et du LDDS est fixé par les pouvoirs publics selon une formule qui tient compte de l’inflation et des taux de marché. Il est révisé périodiquement. Consultez le taux en vigueur sur service-public.fr ou sur le site de la Banque de France.
Livrets bancaires, comptes à terme et épargne logement
Les livrets bancaires
Aussi appelés « super livrets », ce sont des livrets non réglementés. Chaque banque fixe librement leur taux, leur plafond et leurs conditions. Les fonds restent en principe disponibles. Les intérêts sont imposables : ils sont en général soumis à un prélèvement forfaitaire et aux prélèvements sociaux, avec une option possible pour le barème de l’impôt sur le revenu.
Beaucoup d’offres affichent un taux promotionnel pendant quelques mois, souvent réservé aux nouveaux clients ou aux nouveaux versements. Le taux de base, appliqué ensuite, peut être nettement plus bas.
Les comptes à terme
Le compte à terme bloque une somme pour une durée fixée à l’avance, en échange d’un taux connu dès l’ouverture. Le taux peut être fixe ou progressif. Un retrait avant l’échéance est parfois possible, mais il entraîne en général une pénalité ou une baisse de la rémunération. Lisez ces conditions avant de signer.
Les comptes à préavis, où l’on doit annoncer un retrait quelques semaines à l’avance, sont peu répandus en France. Le compte à terme joue souvent ce rôle intermédiaire entre le livret et le placement long.
L’épargne logement
Le PEL (plan d’épargne logement) et le CEL (compte épargne logement) visent à préparer un projet immobilier. Le PEL impose des versements réguliers et une durée minimale. Un retrait sur un PEL entraîne en principe sa clôture. Les conditions, notamment de taux et de fiscalité, dépendent de la date d’ouverture du plan : vérifiez-les dans votre contrat.
| Support | Disponibilité | Fiscalité des intérêts | Usage typique |
|---|---|---|---|
| Livret A, LDDS | À tout moment | Exonérés | Épargne de précaution |
| LEP | À tout moment | Exonérés | Épargne de précaution des revenus modestes |
| Livret jeune | À tout moment | Exonérés | Première épargne des jeunes |
| Livret bancaire | En principe à tout moment | Imposables | Complément une fois les livrets réglementés remplis |
| Compte à terme | Bloqué jusqu’à l’échéance | Imposables | Somme dont on n’a pas besoin avant une date connue |
| PEL, CEL | Limitée selon le produit | Selon la date d’ouverture | Projet immobilier |
Les critères pour comparer
Le taux net, pas le taux affiché
Un livret bancaire qui affiche un taux supérieur à celui d’un livret réglementé ne rapporte pas forcément plus une fois l’impôt payé et la promotion terminée. Comparez toujours ce qui reste réellement sur l’année.
Exemple illustratif, avec des taux et une fiscalité hypothétiques choisis pour le calcul : 10 000 € placés pendant un an.
- Livret réglementé à 2 % par an, exonéré : 200 € d’intérêts nets.
- Livret bancaire à 3 % pendant trois mois, puis 1 % pendant neuf mois : 75 € + 75 € = 150 € d’intérêts bruts. Avec une imposition supposée de 30 % pour l’exemple, il reste 105 € nets.
Ces taux ne correspondent pas aux taux actuels. Le calcul montre seulement pourquoi il faut comparer le rendement net sur une année complète. Vérifiez le taux réel d’imposition des intérêts sur impots.gouv.fr.
La disponibilité
Une épargne de précaution doit rester accessible en quelques jours. Un compte à terme ou un PEL conviennent à un objectif daté, pas à une réserve d’urgence.
Les frais et conditions
Les livrets sont en général sans frais, mais certaines banques conditionnent l’ouverture à la détention d’un compte courant payant. Vérifiez aussi le montant minimal de versement et les éventuelles limites de retraits.
La protection des dépôts
Les dépôts bancaires sont couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, jusqu’à un plafond par personne et par établissement. Les livrets réglementés bénéficient d’une garantie propre, en plus de ce plafond. Si vous détenez des sommes importantes, répartir l’épargne entre plusieurs établissements peut limiter le risque. Vérifiez les règles exactes avant de décider.
L’inflation
Un taux net inférieur à la hausse des prix signifie que l’épargne perd du pouvoir d’achat, même si son montant augmente. Ce n’est pas grave pour une réserve d’urgence, dont le rôle est la sécurité. Pour un horizon de plusieurs années, d’autres placements, plus risqués, peuvent être étudiés, comme les fonds indiciels.
Choisir pas à pas
- Définissez l’objectif de chaque somme
Réserve d’urgence, projet dans deux ans, apport immobilier : chaque objectif appelle un niveau de disponibilité différent.
- Vérifiez votre éligibilité au LEP
Si vos revenus le permettent, c’est souvent le premier livret à remplir, car son taux est en général le plus élevé des livrets réglementés.
- Remplissez ensuite le Livret A et le LDDS
Ils conviennent bien à l’épargne de précaution : disponibles, sans impôt, avec un taux identique partout.
- Comparez les livrets bancaires au taux net
Au-delà des plafonds réglementés, calculez le rendement net sur un an complet, promotion comprise, avant d’ouvrir un nouveau livret.
- Bloquez seulement l’argent dont la date d’usage est connue
Un compte à terme peut convenir pour une somme prévue à une échéance précise, par exemple un achat dans dix-huit mois.
- Automatisez les versements
Un virement programmé le jour de la paie rend l’épargne régulière sans effort. Le simulateur ci-dessous montre l’effet de versements mensuels.
Ouvrir, transférer et suivre ses livrets
Un livret s’ouvre dans votre banque actuelle ou dans un autre établissement, souvent en ligne. Pour un livret réglementé, la banque vérifie que vous n’en détenez pas déjà un du même type. Détenir deux Livrets A est interdit, et le second doit être clôturé.
Le transfert d’un livret réglementé vers une autre banque est possible. Selon les cas, il se fait par clôture puis réouverture, ou par transfert direct : renseignez-vous auprès de la nouvelle banque.
Sources officielles
- Service-public.fr : taux, plafonds et conditions du Livret A, du LDDS, du LEP, du livret jeune et de l’épargne logement.
- Banque de France : informations sur l’épargne réglementée et vérification des établissements autorisés.
- impots.gouv.fr : imposition des intérêts des livrets bancaires et des comptes à terme.
- Autorité des marchés financiers (AMF) : listes noires et alertes sur les placements frauduleux.
Questions fréquentes
Peut-on avoir un Livret A dans deux banques différentes ?
Non. On ne peut détenir qu’un seul Livret A par personne, toutes banques confondues. La même règle vaut pour le LDDS et le LEP. En cas de doublon, le livret ouvert en second doit être clôturé.
Un livret bancaire est-il plus intéressant qu’un Livret A ?
Cela dépend du taux net après impôt et de la durée de l’éventuelle promotion. Un taux affiché plus élevé peut rapporter moins une fois l’imposition déduite. Comparez le rendement net sur une année complète.
Mon épargne est-elle protégée si ma banque fait faillite ?
Les dépôts sont couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, jusqu’à un plafond par personne et par établissement. Les livrets réglementés bénéficient d’une garantie propre. Consultez les règles exactes avant de placer des sommes importantes.
Comment savoir si j’ai droit au LEP ?
L’éligibilité dépend du revenu fiscal de référence du foyer, qui figure sur l’avis d’imposition. Le seuil est revu chaque année. Votre banque peut vérifier votre éligibilité, et les conditions à jour figurent sur service-public.fr.
Faut-il garder de l’argent sur un livret si l’inflation est élevée ?
Pour une réserve d’urgence, oui, car sa disponibilité et sa sécurité priment sur le rendement. Pour de l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant plusieurs années, d’autres placements peuvent être étudiés, avec un risque de perte à accepter.


